5 enjeux qui menacent les filles dans le monde

Maintenant que nous sommes rendus en 2014, prenons le temps de réfléchir sur certains défis majeurs auxquels les filles font encore face dans le monde aujourd’hui. En particulier, les 5 enjeux suivants soulignent des problèmes reliés entre eux qui menacent les droits des filles dans le monde et pour lesquels nous continuons d’intervenir chaque journée tout le long de l’année :

1. Obstacles à l’éducation des filles

Selon les dernières estimations de l’UNESCO 65 millions de filles dans le monde ne fréquentent toujours pas l’école primaire ni l’école secondaire. Malgré que nous réalisions des progrès à l’échelle mondiale pour assurer que les filles s’inscrivent et fréquentent l’école, les études de Plan indiquent que pour acquérir les compétences dont elles ont besoin pour briser le cycle de pauvreté, les filles doivent recevoir au moins 9 années d’éducation de qualité. En poursuivant leurs études, les filles sont plus susceptibles de demeurer en santé, d’acquérir une indépendance et de devenir une force de changement social. Elles sont plus portées à se marier plus tard et à avoir des enfants qui sont plus susceptibles de survivre. Ce que ces études démontrent est que l’éducation des filles – et le retrait des obstacles qui empêchent les filles de recevoir une éducation, comme la violence fondée sur le genre et le mariage des enfants – est déterminante pour éliminer la pauvreté mondiale.

2. Violence fondée sur le genre

Dans notre rapport Le droit des filles d’apprendre sans peur, nous avons démontré que trop d’enfants, surtout des filles, ne se sentent pas en sécurité à l’école, les empêchant d’avoir accès à une éducation de qualité en sécurité. Les filles sont plus susceptibles que les garçons de subir des actes de violence et de violence sexuelle à l’école et sur le chemin vers l’école. Ces menaces de violence incitent de nombreux parents à retirer leurs filles de l’école, mettant fin à leur éducation. Dans d’autres cas, comme celui de Malala Yousafzai qui a été attaquée par des Talibans au Pakistan après avoir milité pour l’éducation des filles, des millions de filles persistent dans leur détermination à obtenir une instruction, malgré la peur d’actes de violence sur leur chemin vers l’école. Et cela n’est pas un problème que pour les filles dans les pays en développement. Des filles au Canada font également face à des actes de violence, et nous devons surmonter ces défis à la maison aussi. C’est pourquoi Plan demande au gouvernement canadien de développer un plan d’action national pour mettre fin à la violence contre les enfants et les femmes en mettant l’accent sur la notion de genre dans et autour des écoles.

3. Mariage des enfants

Un autre obstacle majeur qui empêche les filles de recevoir 9 années d’éducation est le mariage forcé et précoce. Dans les pays en développement, 1 fille sur 3 sera mariée rendue à l’âge de 18 ans. Il s’agit de 14 millions de filles par année, ou près de 39 000 par jour.

Les enfants-épouses ne vont habituellement pas à l’école ou abandonnent leurs études une fois mariées. Ceci signifie qu’elles sont privées d’une éducation qui pourrait les aider à échapper à un destin de pauvreté. Et les enfants de ces enfants sont moins susceptibles de survivre à la naissance ou, s’ils y parviennent, de recevoir une instruction. Et le cycle de la pauvreté se perpétue.

Pourtant, nous savons aussi que la meilleure façon de combattre le mariage des enfants est de garder les filles à l’école. Nous savons que les filles qui fréquentent l’école jusqu’à l’âge de 15 ans sont moins susceptibles de se marier à un jeune âge et plus susceptibles d’avoir des enfants en santé lorsqu’elles se marieront. Une fille qui possède une certaine éducation de l’école secondaire est environ 6 fois moins susceptible de se marier qu’une fille qui possède une éducation du niveau primaire ou moins.

4. Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants

L’un des nombreux problèmes du mariage des enfants est qu’il mène souvent à des grossesses précoces. Les complications médicales de ces grossesses sont les causes principales de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde. À l’échelle mondiale, 800 femmes et filles meurent inutilement de causes liées à la grossesse et à l’accouchement, et 90 % de ces décès surviennent dans des pays en développement.

Nous faisons cependant des progrès. L’année 2013 a marqué le 3e anniversaire de l’initiative de Muskoka sur cinq ans menée par le Canada pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) dans les pays en développement. Plus d’enfants survivent après leur 5e anniversaire, des installations de soins de santé ont été réapprovisionnées et améliorées, nous avons perfectionné la formation de sages-femmes qualifiées et de travailleurs de santé communautaire, et nous avons assuré que davantage de femmes et leurs enfants aient accès à des interventions de base et à des médicaments pour traiter des complications pendant leur grossesse ou l’accouchement. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Cette lancée doit être maintenue au cours des prochaines années et au-delà afin de sauver la vie de plus de femmes, de nouveau-nés et d’enfants.

5. Situations d’urgence et catastrophes

Chaque année, un nombre croissant de gens sont touchés par des catastrophes. Et lorsque le malheur frappe — 9 fois sur 10 dans un pays en développement — nos études démontrent que les adolescentes sont les plus vulnérables. Les situations d’urgence mettent fin brutalement aux études des filles, et les forcent à prendre de mauvaises décisions par manque d’information, comme le mariage d’enfants et le travail dans de dangereuses conditions, dont le travail du sexe. Et pourtant, nos études démontrent également que ce qui arrive aux adolescentes lors des situations d’urgence est prévisible et évitable. Écouter ce que les filles ont à dire, reconnaître les différences dans leurs besoins lors des situations d’urgence et les faire participer à la préparation aux situations d’urgence et à la reconstruction est non seulement important, c’est aussi la différence entre la vie et la mort.